lisez moi

Dites-moi, je vous prie, de quel côté faut-il me diriger ? demanda Alice.
Cela dépend beaucoup de l’endroit où vous voulez aller, dit le Chat.
Cela m’est assez indifférent, répondit-elle.
Alors peu importe de quel côté vous irez, dit le Chat.
Pourvu que j’arrive quelque part, ajouta Alice en explication.
Cela ne peut manquer pourvu que vous marchiez assez longtemps, dit le Chat.

La dette…

Tout un écosystème très convergent alerte sur la dette et le risque de crise financière. Il y a bien sûr du vrai dans les messages d’alerte et de mon côté je retiendra deux points importants

D’abord plus de la moitié de cette dette est détenue par des non résidents. Cela veut dire que chaque année nous payons plus de 1% de notre pib à des non résidents juste en intérêts. C’est bien plus que le (très modeste) déficit de notre balance des paiements courants (0,4 % du PIB en 2025)

Ensuite nous avons bien profité d’une époque révolue où le coût de la dette était nettement inférieur au taux d’inflation. C’est fini et les dettes nouvelles sont bien moins intéressantes.

Au delà de la jolie musique, elle voile quelques tendances de fond.

Le discours d’alarme sur la dette est un appel (pas très fin…) à voter pour des gens raisonnables aux prochaines élections. Les mêmes qui ont fait grossir la dette depuis 10 ans…

L’obsession dette fait oublier la question plus importante (oui!) qui est celle de la croissance.. en effet si on écarte un bon coup d’inflation style années 40, le seul vrai remède ou seule voie de sortie est de trouver de la croissance( avec le gros présupposé que nous gardons le paradigme de la croissance comme voie de sortie) . Or l’énorme échec français (et plus largement européen) est l’incapacité à produire de la croissance. Nous avons compensé cette faiblesse par de la dépense et de la dette. Convenons que cela ne fonctionne pas et que cela doit changer assez profondément. Pour le moment les bricolages mis sur la table ne sont pas à la hauteur. Ne parlons pas d’une option très écologique de « décroissance » totalement absente du débat.