lisez moi

Dites-moi, je vous prie, de quel côté faut-il me diriger ? demanda Alice.
Cela dépend beaucoup de l’endroit où vous voulez aller, dit le Chat.
Cela m’est assez indifférent, répondit-elle.
Alors peu importe de quel côté vous irez, dit le Chat.
Pourvu que j’arrive quelque part, ajouta Alice en explication.
Cela ne peut manquer pourvu que vous marchiez assez longtemps, dit le Chat.

La dépendance et son prix

L’Union Européenne paye en ce moment très cher des dépendances qu’elle a construit ou accepté.

1. Dépendance sécuritaire vis à vis des Etats-Unis. Elle nous convenait bien (économies budgétaires et humaines), elle convenait aussi aux Etats-Unis (ventes d’armes, domination). Et elle correspondait aussi à une utopie de paix. Les Etats-Unis renversent la table.. et en face nous avons un ennemi réel. Agissons donc. Une partie de l’action devra être de moins acheter aux Etats-Unis (ils ont déchiré le contrat les premiers après tout) et de de développer encore plus nos propres systèmes.

2. Dépendance énergétique que cette fois nous, au niveau européen avons largement choisie pour de nombreuses raisons. Nous avons aggravé notre cas en laissant largement la Chine occuper le terrain industriel du solaire et de l’éolien.

3. Dépendances industrielles et technologiques.

À quelques exceptions près (merci Airbus!!) l’Ue et ses industriels ont choisi moins l’innovation que le perfectionnement, ce que l’industrie automobile caricature : raffiner sans cesse le même objet, sans rupture et avec des prix de plus en plus élevés. Nous voilà entourés par les bas coûts de production chinois et les innovations de tous côtés. Voir les téléphones, l’informatique, les voitures électriques. L’erreur collective a été de préfère le confort d’une sorte de rente de situation.

4. Dépendance commerciale. Simplifions: les États Unis boostent leur marché intérieur, au prix d’un gros déficit commercial. L’UE a une logique, disons inconsciemment, mercantiliste et privilégie l’excédent commercial quitte à comprimer sa demande interne, l’exemple le plus abouti étant l’Allemagne. Tant que tous nos partenaires jouent le jeu, cela marche. Le jour où là encore les USA décident de ne plus jouer nous sommes coincés. Et hélas nous ou plutôt nos entreprises renouvelons la dépendance en investissant aux Etats-Unis. Persévérare diabolicum.

5. Dépendance financière au dollar.

L’UE a sincèrement cru à un modèle international de coopération et d’interdépendance. Le prix qu’elle commence à voir est qu’elle se retrouve bien désarmée face à des puissances qui ont décidé de ne pas jouer ce jeu.

Alors au risque de la provocation remercions l’équipe Trump d’avoir révélé ces fragilités.