Une pensée encore répandue chez les ‘sachants » peut se résumer ainsi, et je m’autorise une citation d’un éditorial. « »Tout à leur colère, les socialistes oublient de considérer que, s’ils avaient réellement poussé la candidature de Bernard Cazeneuve, celle de Michel Barnier n’aurait pas existé, que si une partie de la gauche dite « de gouvernement » avait accepté de gouverner, le retour au pouvoir de la droite la plus conservatrice n’aurait pas été inéluctable, que si la culture du compromis avait joué à plein dans cette Assemblée » »
Cette réalité alternative et culpabilisante fait l’impasse sur plusieurs facteurs qui l’auraient rendue impossible.
Le scénario du gouvernement NFP élargi était évidemment voué à l’échec. Les droites de toute nature se seraient retrouvées sur leur refus fondamentale d’avoir la gauche au pouvoir et auraient mis fin à l’aventure avant son commencement.
Le scénario d’une coalition de centre gauche aurait été une trahison des électeurs du NFP. Elle aurait coupe la gauche en deux et aurait fait du PS le Prince consort inutile du Président. Et elle n’aurait pas pu appliquer son programme, même en partie. En effet dans la logique paradoxale qui nous gouverne la gauche n’a oas gagné et n’est pas fondée à défendre ses propositions. Qu’en aurait il été d’un morceau de gauche, qui se serait vite carbonisée dans le jeu?
La configuration actuelle est porteuse d’un scénario de sortie. Le gouvernment Barnier est de droite, ce qui ne gêne pas une partie de Renaissance , mais est difficile à accepter pour une autre.
Une gauche intelligente et notamment un PS intelligent (oui je demande beaucoup…) pourrait jouer de cette potentielle faiblesse pour rebâtir un ensemble capable de gagner plus nettement une élection et de gouverner.
En seront ils capables en quelques mois? LfI et son obsession présidentielle laisseront ils faire? Ou préféreront ils une future glorieuse défaite ? Au travail….